Etre moderne : le MoMA à Paris

C’est avec énormément de plaisir que je reviens aujourd’hui avec à la fois un nouvel article et une nouvelle catégorie : « expositions ».

J’ai longtemps hésité à ouvrir cette nouvelle catégorie sur mon blog, je ne sais pas vraiment pourquoi, peut-être l’appréhension de ne pas arriver à transmettre correctement ce que j’ai ressenti ou appris au cours des différentes expositions auxquelles j’ai pu me rendre…

J’ai cependant décidé de sauter le pas ! Et j’inaugure donc cette catégorie avec l’exposition qui est actuellement présentée à la Fondation Louis Vuitton à Paris : « Etre moderne au MoMA ».

Cette collaboration entre le Museum of Modern Art (MoMA) et la Fondation Vuitton présente pour la première fois quelques œuvres de la collection du MoMA. A travers les quatre étages dédiés à l’exposition au sein du bâtiment dessiné par Frank Gehry, vous pourrez découvrir 200 oeuvres plus diverses les unes que les autres, que ce soient des peintures, des sculptures, des dessins, des estampes, des films, des photographies, des oeuvres numériques ou encore des installations.

« Etre Moderne » présente des œuvres d’artistes modernes et contemporains comme Max Beckmann, Alexander Calder, Paul Cézanne, Marcel Duchamp, Gustave Klimt, Magritte, Picasso ou encore Paul Signac.

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Dès l’entrée dans l’exposition, vous êtes plongé dans la première décennie du MoMA avec des oeuvres mythiques telles que le célèbre baigneur de Cézanne. J’ai aussi, personnellement, pu découvrir d’autres oeuvres dont une, qui m’a particulièrement touchée dès le début : Oiseau dans l’espace de Constantin Brancusi. Je ne connaissais absolument pas cet artiste (mais, après tout, les expositions sont là pour approfondir nos connaissances mais aussi les enrichir !) mais son œuvre m’a beaucoup plu. En effet, Oiseau dans l’espace comme l’explique le nom de la sculpture représente un oiseau qui s’envole à une vitesse grand V, on ne peut percevoir que la forme de l’oiseau, le bec étant vers le haut. Cette œuvre comme d’autres d’artistes contemporains a fait l’objet d’un procès lors de son arrivée à New York en 1926. En théorie, les oeuvres d’art ne sont pas soumises aux droits de douane mais les douaniers en voyant cette sculpture ainsi que d’autres oeuvres de Brancusi refusent de croire qu’il s’agit d’une oeuvre d’art. Ceux-ci imposent donc un tarif douanier à la sculpture (40%). Sous la pression de la presse et des artistes, les douanes américaines acceptent de revoir leur classement et libèrent les oeuvres sous la mention « ustensiles de cuisine et matériels hospitaliers » car celles-ci doivent être exposées à la Brummer Gallery de New York et ensuite à l’Arts Club de Chicago. Si j’ai eu autant d’engouement pour cette oeuvre c’est parce que cette polémique autour de celle-ci incarne à mes yeux la grande problématique amenée par l’art contemporain. En effet, avec l’art contemporain, à mes yeux c’est la définition même d’œuvre d’art qui est contestée. Parmi les nombreux courants artistiques l’art contemporain est sans aucun doute mon favori, parce que dans ce mouvement, nous sommes obligés de connaitre l’histoire de l’artiste plus que dans les autres mouvements (attention ce n’est que mon point de vue) pour comprendre leur oeuvre. Oiseau dans l’espace rappelle cette grande difficulté que nous avons à définir une œuvre d’art et notamment avec les œuvres d’artistes contemporains. Et vous que pensez-vous de cette œuvre ? 😉

Vous pouvez, en continuant de vous promener dans la première partie de l’exposition découvrir la fameuse bicyclette de Duchamp, qui avait opéré une révolution dans le domaine de l’art en introduisant un nouveau type d’œuvre : les ready-made! Juste derrière celle-ci, vous pourrez regarder le temps de quelques instants Stameboat de Walt Disney, acquis en 1936 par le MoMA.

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Vous pourrez aussi découvrir ou redécouvrir des oeuvres de Dali, Man Ray ou encore Mondrian.

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La section suivante est consacrée au « minimalisme » et au « pop art ». Apparus dans les années 1960, ces deux mouvements majeurs sont présentés ici dans un dialogue entre la peinture, l’architecture, la sculpture et la photographie.

Vous pouvez retrouver ensuite d’autres oeuvres postérieures à 1960 comme celles de Cady Noland qui dresse un regard très critique sur la société américaine.

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La dernière section s’attarde davantage sur des œuvres contemporaines du monde entier comme celle de Felix Gonzalez Torres présentée ci-contre. Cette œuvre à priori anodine, et mignonne est en fait porteuse d’un message fort et incarne l’idée que j’évoquais au début de l’article comme quoi il faut connaitre l’histoire de l’artiste pour comprendre son oeuvre.

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Dans ses œuvres, Félix González-Torres opère subtilement un mélange entre expérience personnelle, réflexion sur l’histoire de l’art et prises de position politique. On retrouve assez régulièrement des références à son homosexualité, à sa situation d’artiste ou encore à ses origines cubaines. Pourquoi cette œuvre fait-elle référence à l’histoire de Felix Gonzalez Torres ? Ces bonbons sont en fait une métaphore pour incarner un virus, des bouts de virus et pas n’importe lequel : celui du SIDA qui a provoqué la mort de son compagnon, Ross Laycock « Wati ». Il représente donc dans cette installation, cette mort de façon réflexive et considère que l’oeuvre se meurt. En effet, chaque visiteur va se saisir d’un bonbon et petit à petit l’oeuvre va diminuer puis disparaitre comme chaque homme sur cette terre, comme son compagnon. De plus, le public est attiré par l’aspect visuel de ce tas de bonbons brillants et celui-ci peut se servir comme il le souhaite. Cela évoque en outre la propagation du virus du sida dans la communauté homosexuelle, dont l’artiste et son compagnon ont subi les conséquences. Ce tas de bonbons à priori anodin est en fait porteur d’un message fort et d’un message pluriel. Félix González-Torres a fait de l’art et de sa position d’artiste l’expression de la réalité de sa propre vie à l’intérieur de la société.

Vous pourrez admirer de nombreuses œuvres plus diverses et plus intéressantes les unes que les autres au cours de cette exposition que je vous recommande de tout coeur!

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Profitez-en pour vous rendre sur les toits du bâtiment de la Fondation et admirer la vue :)

Ce premier article « exposition » touche à sa fin, j’espère qu’il vous aura plu, et que la présentation vous convient! N’hésitez pas à me dire si vous voulez que je change certaines choses dans ces nouveaux articles!

En tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à rédiger cet article et si jamais je vous ai donné envie de visiter l’exposition : voici le lien direct vers le site de la fondation et vers la billetterie.

Et vous quelles expositions avez-vous vu dernièrement ?

Dites moi tout en commentaire ;)

On se retrouve très vite pour un nouvel article !

Alexandra  

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